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« La liberté est un fardeau »

Une étudiante en criminologie m’avait expliqué que certains détenus, une fois libérés, pouvaient se sentir incapables de retrouver une vie quotidienne « normale ». Ils développaient alors des angoisses insurmontables qui les conduisaient à demander à être réincarcérés.
Dans une moindre mesure, cela fait écho à la question sur les paradoxes en entreprise (http://talentsocial.org/que-faites-vous-face-aux-paradoxes/), qui ne sont pas toujours le fait des managers ou des directeurs, mais parfois des salariés eux-mêmes.

Je l’ai récemment constaté lors de l’élaboration d’un plan stratégique. Les collaborateurs avaient de nombreuses critiques et suggestions à apporter à la vision que pouvaient en avoir les directeurs. J’ai décidé de proposer un forum d’échanges autour de plusieurs sujets-clés, avec la possibilité pour chacun de s’exprimer.
La participation a été très faible, et alors que je remettais en question l’outil que j’avais mis en place, une responsable syndicale, dans l’entreprise depuis de nombreuses années, m’a confié: « J’ai été prise de cours devant la possibilité de m’exprimer librement. C’était quelque chose de tellement nouveau pour moi que je ne savais plus quoi dire, ni comment, et j’ai mis un long moment avant de pouvoir finalement utiliser cette liberté qui m’était offerte. »
L’effet pervers, c’est que les directeurs ne ratent pas l’occasion de noter qu’il s’avère finalement peu utile de consulter la base, puisque celle-ci n’avait pas de réelle volonté de s’exprimer.

Pour dépasser ce paradoxe, j’aurais sans doute du au préalable essayer de faire adhérer à ma proposition d’outil, pour permettre à chacun de se le réapproprier. Quoiqu’il en soit, il faut certainement du temps pour réapprendre à disposer d’une liberté qu’on pensait désirer, sans savoir finalement comment en disposer.

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5 Comments
  1. talent social

    ma compréhension de la situation

    Je trouve très intéressant ce que dis, notamment ce qui se passe lorsqu’on sort de notre rôle et que l’on vient chercher les autres sur un terrain nouveau, comme ici, libres. Je m’interroge beaucoup, sur la part liée à la posture, à ce qui est attendu d’eux dans leur rôle, et la part authentique, lorsqu’ ils y ont accès. Par exemple, je trouve toujours aussi fascinant qu’un client formule un besoin et décide de ne pas le traiter et me demande alors quel rôle nous jouons, nous même, en tant que consultants..

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  2. talent social

    ce que ça m’inspire dans ma pratique

    Que nos intentions pour nos partenaires dépassent parfois les leurs, ou du moins les prolongent

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  3. Hubert

    Commentaire libre :

    Ca peut aller plus loin. L’exercice de la liberté me semble devoir être un exercice régulier. Ca se pratique, comme un sport, ça s’exerce…

    Ci-dessous, un extrait de « the 4-hour week » :
    « objective : have freedom from doing that which you dislike.
    To have freedom from doing that which you dislike, but also the freedom and resolve to pursue your dreams without reverting to work for work’s sake (W4W). After years of repetitive work, you will often need to dig hard to find your passions, redefine your dreams, and revive hobbies that you let atrophy to near extinction. The goal is not to simply eliminate the bad, which does nothing more than leave you with a vacuum, but to pursue and experience the best in the world. »

    Extrait de: Ferriss, Timothy. « The 4-Hour Workweek , Escape the 9-5, Live Anywhere and Join the New Rich. » iBooks. https://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewBook?id=503149CCD79D85363EC31807CA5D316E

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    • talent social

      Commentaire libre :

      J’aime beaucoup l’idée de faire de la « gym libératoire ». Quels pourraient en être les modes opératoires ? Une heure par jour, s’affranchir.

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  4. Commentaire libre :

    J’ai eu l’occasion plusieurs fois d’accompagner des démarches d’innovation collaborative et la réaction des correspondants innovation était exactement la même que celle-ci. Ils disaient qu’il fallait réhabituer leurs collègues à exprimer des idées.
    => Pour amorcer l’habitude, dans l’un des cas, il y a eu une fête pour lancer la démarche et chacun pouvait remettait des idées de la main à la main au correspondant innovation qui passait entre es tables (avec un challenge sur le nb d’idées émises). La démarche très ludique a bien fonctionné, il y a eu beaucoup de propositions. Après il faut l’entretenir pour que le soufflé ne retombe pas…

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